Pourquoi la foi peut soulever des montagnes ?

07 déc 08 19:31 | Catégorie : Mental | Imprimer Imprimer |

Nous n’avons pas à être spécialement « croyants » pour avoir des croyances. Nous avons tous entendu par ailleurs cette phrase qui nous vient de la Bible, et qui parle de foi et de montagnes à soulever. Ce que je vous propose aujourd’hui est d’explorer un modèle du fonctionnement de notre mental. Il s’agit du modèle SIFT-3M de David Straker, qui a l’avantage d’être simple et fonctionnel.

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Ce qu’il nous suffit de retenir, c’est qu’en fait notre cerveau traite toute nouvelle information provenant de l’extérieur au travers de nos sens, de façon à la rendre cohérente avec notre « vision du monde ». Et notre vision du monde, elle, c’est l’ensemble des mémoires, des enseignements, des valeurs, des croyances auxquelles nous souscrivons.

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Le petit bébé que nous avons été s’est formé tout d’abord à partir d’un filtrage des informations simplifié : bon pas bon, utile pas utile, agréable pas agréable. Et ce mécanisme de sélection, répété des milliers et des milliers de fois, a créé des connexions entre nos neurones, a développé certaines parties de notre cerveau et de notre corps, en accord tout d’abord avec des besoins essentiels, -manger, boire, avoir suffisamment chaud-. Puis nous avons grandi, le cerveau s’est encore développé, et a agrégé, rassemblé pour nous tout un ensemble de « recettes de savoir-vivre ». Et comme auparavant, la répétition de ces « petits programmes de vie » a fini par se transformer en nous en habitudes, et en comportements types en réponse à tel ou tel stimuli.

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Si j’ai été élevé par exemple dans une famille de cadres défendant les études et le travail, je vais avoir, -par rapport à ces thèmes-, une autre façon de les aborder et de les traiter que si je suis né dans une famille d’ouvriers marxistes.

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Les croyances sont imprimées profondément en nous, dès notre jeune âge, et si elles conditionnent entièrement notre existence, nous pouvons par contre les transformer, les changer. C’est ce qui nous différencie des animaux ! Contrairement à eux, nous pouvons choisir de changer, d’apprendre, d’évoluer.

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Alors, pourquoi est-ce que la foi soulève des montagnes ?

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Nous aurons d’autres occasions de revenir sur ce thème par des exemples. Mais juste en guise d’apéritif, en voici quelques uns.

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Un homme est enfermé par accident dans un camion frigorifié. Pendant des heures il a du crier à l’aide, mais en vain. Le lendemain il y est retrouvé mort, et présentant tous les signes de quelqu’un mort de froid. Le comble de l’ironie était que le camion n’était pas réfrigéré. Cet homme était mort parce qu’il avait cru que c’était là le sort qui l’attendait.

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A la fin du XIXème siècle, le directeur d’un institut des brevets aux États-Unis, donna sa démission. Il expliqua qu’il n’avait plus rien à faire vu que tout ce qui devait être inventé l’avait déjà été. Il ne savait pas qu’à peine un peu plus d’un siècle plus tard, on parlerait de la loi de Moore, qui dirait que le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium double tous les deux ans.

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D’autres scientifiques, et pas des moindres, ont également « prouvé », que rien de plus lourd que l’air ne volerait jamais, ou qu’un bateau si lourd que le Titanic ne pourrait jamais voir la mer.

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Maintenant revenez quelques siècles en arrière, au temps des cathédrales. Combien de temps fallait-il à l’époque pour les bâtir ? Il fallait plusieurs siècles ! il en a fallu 4 pour celle de Strasbourg. Quelle foi était nécessaire à votre avis, pour bâtir de si somptueux bâtiments, quelle persévérance ?

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Et quelle était la foi des Kamikazes japonais ?

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Ces gens-là avaient la foi, ils croyaient en ce qu’ils faisaient. Quelle que soit leur conviction, et quelle que soit la votre, leurs actent dénotaient ce que l’on pourrait avoir envie de nommer « une force de caractère ». S’ils en avaient peut-être, ces hommes avaient surtout ancré en eux, sous forme de croyances, la certitude d’être dans le juste.

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Terminons par un exemple encore plus parlant. Car l’on pourrait rétorquer, « oui, mais c’était l’effet de groupe », ou bien « c’était l’époque ».

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Jusqu’en mai 1954, personne ne pouvait courir le mile (1,6 km) en moins de 4 minutes. Tout le monde le savait. C’était… comment dire, une espèce de seuil physiologique. Seulement voilà, le 6 mai 1954, Roger Bannister court le mile en 3′59″4. Alors, d’un coup, comme sous l’effet d’une baguette magique, tout le monde s’y est mis. Un mois et demi plus tard, c’était au tour de John Landy de franchir ce seuil, et il fait même mieux que Bannister avec 3′58″0 ! Dans les mois qui suivirent, de nombreux athlètes, forts d’une nouvelle croyance, d’une nouvelle foi, franchissaient eux aussi ce seuil mythique…

Roger Bannister

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